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Gestion de crise : retour sur la pullulation massive de 2025

Retour d'experience operationnel pour anticiper une pullulation et coordonner les priorites communales.

Publié le 11 février 2026

Carte thermique de densite des nids pour la planification communale.

L’année 2025 restera une date charnière pour la gestion des risques sanitaires en Sud-Isère. En Matheysine, et particulièrement dans le secteur de La Mure (38350), les services techniques ont dû faire face à un phénomène biologique d’une intensité inédite : ce que les experts appellent désormais une “pullulation cyclique exponentielle”.

Pour les décideurs publics, cet épisode a mis en lumière la nécessité d’une logistique de crise rigoureuse pour protéger les parcs, les écoles et les zones de loisirs.

Le cas d’école de Susville : L’explosion des chiffres

L’exemple le plus frappant de cette crise a été documenté sur la commune de Susville en 2025. Selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, dans un parc urbain de seulement quatre hectares, les équipes ont procédé au retrait de plus de 4 200 nids.

Cette densité extrême n’est plus une simple nuisance paysagère ; elle devient un foyer de contamination massive. À ce stade de pullulation, la saturation de l’air en soies urticantes rend les espaces publics impraticables sans une intervention immédiate et lourde.

Analyse logistique : Planifier pour ne pas subir

Le retour d’expérience de 2025 montre que la fenêtre d’action est étroite et dépendante du climat montagnard. Pour une gestion efficace, la planification doit suivre trois axes majeurs :

  • Le repérage précoce (Octobre - Décembre) : L’identification visuelle des nids dès l’automne est cruciale pour quantifier le matériel nécessaire et prioriser les zones de “vulnérabilité humaine” (écoles et crèches).
  • La coordination temporelle : En Matheysine, les processions de descente peuvent s’étaler de janvier jusqu’à mai selon l’ensoleillement des versants. Une intervention trop hâtive ou trop tardive laisse des colonies entières s’échapper dans le sol.
  • Le traitement des volumes : Le retrait de milliers de nids génère une quantité importante de déchets hautement toxiques. L’acheminement vers des filières d’incinération contrôlée est la seule garantie pour éviter la rémanence du poison dans la commune.

Coordonner parcs, écoles et zones de trail

La difficulté de la crise de 2025 a résidé dans la simultanéité des risques. Alors que les processions battaient leur plein dans les cours d’écoles, les sentiers de basse altitude (Bas-Oisans et Vallon du Drac) voyaient leur fréquentation augmenter avec le retour du printemps et des événements sportifs comme la Skyrace des Matheysins.

La gestion de crise efficace repose sur une priorisation hiérarchisée :

  1. Zones de contact permanent : Écoles, Ehpad, parcs de jeux.
  2. Zones de passage intense : Parkings de départ de randonnée, infrastructures sportives.
  3. Corridors de pénétration : Alignements de pins le long des routes départementales facilitant la progression du front.

Conclusion : Anticiper le prochain cycle

La pullulation de 2025 a prouvé que l’altitude (900m+) ne protège plus contre les invasions massives. Pour les municipalités du Sud-Isère, la question n’est plus de savoir si les chenilles reviendront, mais de disposer d’un plan d’intervention prêt à être activé dès les premiers signes de vols estivaux.


Sources et références techniques :

  • Données de pullulation 2025 : Analyse des relevés sur La Mure et Susville.
  • Protocole de gestion des risques : Vade-mecum d’aide à l’élaboration d’un plan local de lutte contre les processionnaires.
  • Impact des soies aéroportées : Études de l’ANSES sur les micro-clusters d’irritation respiratoire.
Équipe technique communale installant des pièges mecaniques sur un alignement de pins.